par Claude VALMONT

Comme toute force, comme toute puissance, la volonté peut être dirigée vers le bien ou vers le mal, selon que la pensée est bonne ou mauvaise.
Vouloir est un acte spirituel et se servir de sa volonté, c’est imprimer aux fluides, en prenant du plus bas pour arriver au plus haut, la direction que l’esprit veut leur donner.
Vouloir, c’est concentrer sur un point les fluides propres à l’oeuvre entreprise, c’est les diriger avec calme, avec persévérance, avec énergie.
Vouloir est un acte solennel, fait avec l’assurance d’être dans le vrai, avec la certitude de bien faire et en attirant à soi d’une manière aussi complète que possible les fluides favorables et bons.
Le jour où l’esprit, avancé en intelligence comme en moralité, peut à son gré répandre les bons sentiments et effacer les mauvais, le jour où il peut changer la nature des fluides épais et créer autour d’un être une atmosphère pure et spirituelle, il peut acquérir un pouvoir considérable et parviendra à comprendre l’étendue de sa mission.
Volonté dans toute sa plénitude, agissant tantôt sur les sens et tantôt sur l’esprit. Volonté, puissance capable de renouveler un monde, de renverser sur ses pas les absurdités, les abus du passé, se servant pour les intelligences de la force magnétique et transformant la barbarie en civilisation.


L’homme est un être essentiellement sociable : la compagnie de ses semblables lui plait et il la recherche. Tous, plus ou moins, essaient de nouer des relations plus intimes dans le milieu où ils vivent et aspirent à se faire des amis. Toutefois, il n’est pas de caractères qui n’aient leurs angles et dont le heurt, au cours des relations que crée la Société soit pénible pour autrui.
Comment arrondir ces angles au point de les rendre complètement inoffensifs ? Par le développement de certaines qualités que tous ont en germe et qui, par la volonté, peuvent être développées. La plupart de ces qualités se ramènent à la bonté et n’en sont, pourrait-on dire, que des formes diverses. La bonté seule peut donner la puissance et le calme qui, dans chacune des circonstances de la vie assurent la supériorité. Si vous êtes vraiment bon à l’égard de tous, vous ne vous aliénerez ni les bavards, ni les autoritaires, ni les emportés. Vous écouterez les confidences des premiers sans impatience. Les autoritaires subiront votre ascendant, qu’ils l’avouent ou non, car la bonté est la force la plus grande que puisse mettre en action un être raisonnable. Ceux-là mêmes qui se prétendent accessibles aux influences extérieures sont les premiers à en ressentir la puissance et à s’incliner devant elle.
Enfin, sur les emportés, vous aurez la force du calme, que vous arriverez à conserver par la volonté. Celui qui arrive à garder toujours sa présence d’esprit n’est jamais en état d’infériorité relativement à ceux qui l’entourent. Celui qui reste maître de lui dans toutes les circonstances, celui qui ne se laisse jamais aller à la colère est une puissance véritable.

Si vous voulez avoir réellement une influence sur les autres, il est indispensable que vous ayez une puissance active sur vous-même.

Si , par défintion, la suggestion est le fait d’implanter dans le cerveau une idée quelconque, il n’est pas besoin de démontrer la possibilité de l’auto-suggestion puisqu’elle n’est autre chose qu’une suggestion faite sur soi-même. Nos idées sur le monde, l’humanité, la vie, sont-elles autre chose que des suggestions plus ou moins conscientes, fruit de l’éducation et du milieu, auxquelles viennent s’enchaîner et s’ajouter des suggestions nouvelles. L’auto-suggestion inconsciente pourrait se définir celle qu’un être se fait sur lui-même, sans y songer et à laquelle, par suite, il peut résister. L’auto-suggestion consciente, volontaire et hypnotique est celle faite avec l’intention marquée de la voir aboutir. Cette dernière est incontestablement supérieure à la précédente, qu’elle soit faite pendant la veille, dans l’attente du sommeil, ou pendant le sommeil lui-même, car on peut s’autosuggestionner de ces trois façons différentes.
Il est indispensable de se suggérer, non pas un sentiment d’orgueil, mais celui de la confiance en soi. Alors que l’orgueil est le sentiment exagéré et déplacé de sa valeur personnelle, la confiance en soi au contraire n’est que le sentiment qui permet d’oser dans la mesure de ses forces et qui est à la base de toute réussite. La confiance en soi peut se développer par la volonté qui est la plus importante de nos facultés puisqu’elle est en quelque sorte la maîtresse de toutes les autres. La volonté est la base du magnétisme personnel ; elle a une influence incomparable sur tous nos actes et elle peut se développer par des exercices suivis et constants.
L’auto-suggestion est, en quelque sorte, la base de tout magnétisme personnel ; elle permet de développer les qualités qui nous font rechercher par tous, de se corriger des défauts qui pourraient être un obstacle à l’action à exercer sur autrui, et enfin d’acquérir le calme, la possession de soi-même, l’égalité d’esprit qui permet de rester maître des circonstances.
La théorie de l’influence personnelle est toujours confirmée par l’expérience et toute personne qui, par la force de sa volonté, acquerra les qualités, dont nous parlions tout à l’heure, arrivera infailliblement à développer une personnalité magnétique irrésistible, capable d’influencer ceux qui l’entourent.